Et si je prenais un coach ?

Nous sommes tous plus ou moins fait du même bois. Nous n’aimons pas demander de l’aide. Et pourtant, le faire n’est pas un acte de faiblesse, comme on le pense parfois. C’est même tout à fait l’inverse !

Cela dit de vous que vous avez pris le temps de vous connaitre, de cerner vos atouts mais aussi vos limites, les points sur lesquels vous allez devoir agir sans tarder pour qu’ils ne soient plus des obstacles à votre épanouissement. Cela indique également que vous avez suffisamment d’humilité pour accepter qu’il vous soit impossible de tout maitriser. Qui le pourrait ? Le monde actuel est devenu d’une telle complexité qu’il serait illusoire de penser y parvenir seul. Jamais les marchés financiers n’ont été aussi abscons, jamais il n’a été aussi difficile de prévoir les conséquences humaines, économiques, sociales ou sociétales de l’essor technologique, jamais nous n’avions été confrontés à des choix antinomiques entre économie et environnement. Au milieu de tout cela, nous sommes tous, quelque soit notre rôle ou notre poids économique, obligés d’évoluer dans ces terres inconnues.

Que l’on prenne un nouveau poste, un premier job de manager par exemple, que l’on se prépare à une élection politique, que l’on soit à la veille d’une compétition sportive de premier plan ou de passer un examen crucial pour notre futur, nous subissons sans en prendre toujours conscience une pression constante. La course au succès et aux résultats rend certes notre vie trépidante mais souvent complexe et hasardeuse. Chacun trouve la solution qui lui convient pour décharger ce stress inutile, le sport par exemple. Mais il est une solution radicale et très efficace: le coaching.

Le coaching a de nombreux points communs avec la psychanalyse mais s’en éloigne sur la finalité et la méthode

On a tendance à relier le coaching à la psychanalyse. A juste raison car ce sont là des domaines très proches. Le coach et le psychanalyste se retrouvent ainsi face à un interlocuteur qui leur donne des informations sur sa vie, ses humeurs, son état d’esprit et ses aspirations. Les deux ont en commun le devoir d’écouter.

L’écoute est un facteur clé dans tout exercice de coaching

La différence se fait déjà sur l’objectif. Le coaching répond à une demande précise, un objectif très clair, comme la volonté d’atteindre un poste donné dans un temps défini ou de régler une situation conflictuelle entre collègues ou à l’intérieur d’un groupe. En psychanalyse, on peut avoir les mêmes objectifs, mais ils sont souvent inconscients, non exprimés et se traduisent la plupart du temps par des états d’âmes ou un mal-être plus ou moins constant. Le temps ne joue aucun rôle en psychanalyse, on veut se donner de la flexibilité justement, alors qu’il est primordial en coaching. Ce dernier se traduit généralement par un planning, un nombre de séances et des points intermédiaires.

En avançant dans les séances de coaching, il est tout à fait possible et même fréquent, que le « coaché » puisse prendre conscience qu’il doit gagner par exemple au niveau de la confiance qu’il se porte. Il prendra dès lors des mesures pour corriger le tir. Mais dans tous les cas, il doit y avoir une ligne directrice. Un objectif principal qu’on ne doit pas quitter des yeux.

Entre chaque séance, le coaché doit réfléchir sur lui-même, noter les difficultés qu’il éprouve pour avancer ensuite dans la bonne direction.

Les plus grands de ce monde ont un coach. Ils ne les appellent pas toujours ainsi. On parlera de confidents, de fous du roi ou d’amis sincères. Mais leur rôle sera avant et surtout celui d’un coach. Regardez l’organigramme de votre entreprise ou institution, si vous voyez un nom à côté de celui de votre patron direct, de votre président ou du directeur général avec pour seul titre « chargé(e) des affaires spéciales », « des dossiers stratégiques » ou « conseiller particulier » et des missions plus ou moins floues, ne vous trompez pas, c’est un coach, une personne de confiance. Un examen rapide de leurs CV vous fera comprendre qu’ils se connaissent généralement depuis longtemps.

Il n’y a pas de rivalité entre eux. Aucune menace. L’un n’est là que pour l’autre. Pour l’aider, le conseiller, lui éviter des débordements narcissiques, préjudiciables à son image, à sa carrière et aussi à l’entité qu’il sert. Il est celui ou celle qui sera écouté en toutes circonstances, ou presque, celui ou celle qui pourra tout exprimer, ou presque, sans risquer le renvoi immédiat et sans ménagement.

Quand on tourne en rond, quand notre esprit se brouille, il faut pouvoir se tourner vers quelqu’un de confiance.

N’hésitez pas, quel que soit votre rôle ou niveau hiérarchique, le coaching est souvent la solution magique

Pour ma part, j’ai un coach depuis 30 ans. Le même !!! Une prouesse n’est-ce pas. Il a toujours été là quand j’ai eu besoin de son écoute. Je crois avoir eu une relation simple et directe. Honnête avant tout chose. Il faut accepter de se dévoiler, de se mettre à nu, sinon l’exercice ne sert à rien. Il faut ensuite accepter le « feedback », y compris les critiques. Au final, c’est toujours constructif. Au départ, ni lui ni moi n’avions le sentiment d’être dans une relation de coaching. Le mot n’existait pas encore du reste ou était peu utilisé !

Depuis, il est devenu … coach ! Bien sûr. Et moi, je fais appel à de nombreux coachs pour accompagner les cadres dirigeants prometteurs qui m’entourent et qui le souhaitent. Détecter des talents a toujours été un plaisir pour moi. Je vois cela comme un acte essentiel de mon rôle de dirigeant. Je n’ai qu’une règle. Une fois le premier entretien effectué, celui du lancement avec le coach, le coaché et le manager direct, il faut se détacher au plus vite de l’exercice et ne demander aucun compte. Pour ma part, c’est un principe, je ne veux absolument rien savoir de l’opération de coaching. Tout doit rester strictement confidentiel. C’est à ce prix que le coaché acceptera de jouer le jeu pour son bien propre et celui de l’entreprise au final.

Le résultat ? Pas besoin d’explication, je dois juste le voir !

Je sais une chose, les personnes averties, celles qui ont toujours un cran d’avance sur les autres, ont souvent recours au coaching. Ce n’est pas la seule solution, mais lorsqu’on a trouvé le bon profil, le retour sur investissement est évident.

Reprendre l’initiative ou les 23 mauvaises raisons de subir sa vie

Il peut être intéressant de faire appel à un coach quand on se sent dépassé, vulnérable, soumis à son environnement car on peut partir dans des spirales d’échecs qui nourrissent un sentiment d’impuissance et d’incapacité à redresser la situation.

Quand j’entends quelqu’un me dire « je ne peux rien faire à cause de la crise et du contexte économique », « parce que mon âge », « parce que mes origines », « parce que je subis mon patron et l’organisation”, etc., je sais que sa situation ne peut évoluer favorablement et qu’elle risque au contraire de se détériorer.

L’enjeu du coaching est de développer les talents et les compétences de celui qu’on accompagne. Dans ce genre de démarche une première question se pose : la personne qui est en face de nous vient-elle nous consulter en se sentant objet de son environnement ou sujet acteur de sa destinée ? Se sent elle capable de transformer les choses qui se présentent à elle ou incapable d’agir sur les situations qui la paralysent ?

Tout l’enjeu du coaching est d’aider cette personne à reprendre progressivement les manettes de son histoire. Le coaching, par le questionnement, rend autonome et permet d’agir sur la notion d’initiative, le fait de reprendre « l‘initiative », d’être à l’initiative de. Initier, c’est débuter quelque chose, créer une nouvelle histoire. Pour y parvenir, il est important de se replacer à l’origine de ce qui nous arrive. Si nous ne le faisons pas, nous restons forcement objets de la situation.

Comment reprendre l’initiative si on ne se sent pas impliqué, voire responsable de ce qui arrive ?


Il s’agit avant tout de déterminer sa part de responsabilité dans ce qui arrive. La responsabilité est un mot clé dans la démarche du coaching : il s’agit de prendre ses responsabilités dans les évènements sinon il n’est pas possible de faire tourner autrement la roue de son devenir.

Comment déterminer de quoi nous sommes responsables sans se sentir du coup responsable de tout et pour tout le monde ?

Les raisons d’échecs qui dépendent de nous sont nombreuses. C’est une bonne nouvelle, car nous pouvons agir sur celles-ci.

Celles qui reviennent le plus couramment, partant du principe que leur gravité augmente avec leur nombre, sont les suivantes :

  • La mauvaise connaissance de soi.
  • Le manque d’un but bien précis. L’impossibilité de définir ce que nous voulons
  • La peur sous toutes ses formes, elle détruit nos atouts, si elle n’est pas assumée, et dégage des ondes destructrices aux esprits de ceux qui nous entourent. Il ne s’agit pas de la nier, il est normal d’avoir peur. L’important est d’assumer sa peur, voire de l’apprécier. Vivre sans avoir peur, ce n’est pas vivre.
  •  Vouloir être apprécié, reconnu ou payé pour ce que nous savons et non pour ce que nous faisons.
  • Le manque d’ambition.
  • La mauvaise santé : la vraie réussite appartient à celui qui est en bonne santé. La maîtrise de soi peut éliminer pas mal de soucis comme une alimentation trop riche et une consommation d’alcool trop importante et journalière.
  • Le manque de maîtrise de soi. Avant de maîtriser les circonstances, nous devons nous contrôler vous-même
  • L’habitude de penser négativement et/ou de juger.
  • L’excès de prudence
  •  L’hésitation et le manque de persévérance
  • Le manque de décision et l’ajournement : préférer le compromis au combat, s’accommoder des difficultés au lieu de les vaincre, subir les évènements plutôt que d’exiger que cela change
  • Le manque d’enthousiasme

Un coach c’est quoi ?

Nous avons interrogé au hasard des personnes dans la rue avec cette question : « Pour vous, qu’est-ce qu’un Coach ? ». Petit florilège des réponses recueillies : « Un gros charlatan », « Un gourou », « C’est un psy, c’est ça ? », « Didier Deschamps », « C’est un gars qui donne des conseils sur comment mener sa vie », « Un professionnel certifié », « C’est Mika dans The Voice », « Mon conseiller conjugal », « Mon manager ».

Focus sur trois représentations du métier :

Gourou : maître d’une secte qui se sert de son influence pour manipuler

Alors que le gourou intervient arbitrairement, de façon autoritaire et directive, il est le « sachant » et se pose au-dessus des autres, le Coach démarre son intervention par un contrat définissant un contexte, des objectifs, des moyens, une méthodologie, une déontologie.

Alors que le gourou a pour objectif de créer une dépendance, d’aliéner, de manipuler, le Coach accompagne son client dans le développement de son autonomie.

Alors que le gourou crée et/ou exploite les croyances de ses disciples, le Coach aide son client à lever ses croyances limitantes.

Psychothérapeute : un spécialiste du comportement humain, de la personnalité et des relations interpersonnelles.

Alors que le « Psy » peut rechercher les causes dans l’histoire du patient, le Coach travaille dans l’ici, le maintenant et le futur proche. Alors que le « Psy » intervient à la seule demande de son patient, le coach intervient dans une relation tripartite (entreprise, coaché, coach). Alors que l’intervention du « Psy » se situe dans le champ personnel, le Coach intervient dans le champ professionnel.

Consultant : personne qui offre des services de conseil dans son champ d’expertise

Alors que le Consultant apporte le poisson, le Coach amène son client à fabriquer sa propre canne à pêche. Alors que le Consultant apporte une solution, le Coach fait émerger la solution du Coaché. Alors que le Consultant sait, le Coach fait réfléchir.

Mesdames, Messieurs les clients, prescripteurs, utilisateurs du Coaching en entreprise ou de coach en outplacement, bien que l’appellation « Coach » soit largement galvaudée, elle correspond en réalité à des critères précis et rigoureux : une formation certifiante, une supervision régulière, une approche méthodologique, des outils (AT, Process Com, CNV, Systémique, etc.) et surtout une déontologie. Soyez attentifs à ces éléments, garants du professionnalisme du Coach.


Article co-écrit par Laurence Menard-Zantman et Jérôme Marquis, Directeurs Associés à L’Espace Dirigeants, Membre du Syntec

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